Le comportement alimentaire des Coenobitae

  • Introduction

       Le bernard l’hermite terrestre est un remarquable « ratisseur » du sol. Il est très opportuniste dans son choix de nourriture. Si la part végétale dans son alimentation est prépondérante, il n’hésitera pas à consommer une grande variété de produits protéinés ; il est en effet charognard et détritivore. Son régime alimentaire est donc omnivore. Les Coenobita se nourrissent d’un grand nombre de matières et de déchets. La plupart des aliments comestibles tombés au sol sont en effet consommés : fruits frais, graines et autres fruits secs, propagules de palétuviers, une grande variété d'autres substances végétales (algues par ex. pour le C.perlatus), des détritus au bord du rivage, des oeufs d'oiseaux et de tortues, des matières fécales d’animaux et même des carcasses animales de petits invertébrés, poissons, tortues géantes, oiseaux, chèvres, ânes ... (Grubb, 1971; de Wilde, 1973; Vannini, 1976; Barnes, 1997a).

Hermit crabs eating coconut

Les fibres végétales sont prépondérantes dans l'alimentation du Bernard l'hermite terrestre. Ici, un groupe de C.compressus se nourrissant de noix de coco.

 

  • La recherche de nourriture et les comportements associés

       Une grande proportion de l'alimentation normale est consacrée à la matière végétale, mais près des populations humaines et de leurs habitations, C. cavipes peuvent devenir dépendants d'excréments humains et de leurs ordures (Barnes, 1997a). Sur Aldabra, C. rugosus exploitent les fèces fraîches des tortues (Grubb, 1971). Un certain nombre d'espèces de Coenobita montent des arbustes et des petits arbres (observé par von Hagen, 1977) où il est probable qu'ils se nourrissent de matières végétales ou peut-être d'insectes. Dans les mangroves, toutefois, l'escalade par C. cavipes et C. rugosus ne semble pas être prioritairement orientée vers l'alimentation (Barnes, 1997b).

       Une des particularités du comportement des Coenobita est le mimétisme des activités. Ainsi la sociabilité des Coenobita est un atout majeur dans la survie des membres du groupe. Elle permet par exemple de faciliter la recherche de nourriture : dès qu'un individu trouve une source de nourriture, le reste du groupe s'active.

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La recherche de nourriture se fait souvent par groupe de dizaines d'individus. Ici, un groupe de Coenobita perlatus.

 

      Les Coenobitidae peuvet détecter des odeurs de nourriture à des distances excédant 5m (Dunham et Gilchrist, 1988) mais ils sont attirés préférentiellement par les odeurs des aliments qu'ils n'ont pas mangé récemment. Cette préférence négative induite dure 6-9 h après un changement d'aliments (Thacker, 1996; 1998) et, vraisemblablement, facilite l'évitement de certaines carences nutritionnelles qui pourraient être encourues par le recours à un type d'aliment unique ou, alternativement, l'accumulation de toxines.

 

  • Besoins spécifiques et absorption intestinale

    Il n'y a pas d'informations sur la physiologie digestive des Coenobita bien qu'il existe plusieurs études sur les appareils dédiés à la mastication des bernard-l'hermite (Schaefer, 1970; Caine, 1975; Kunze et Anderson, 1979). Récemment Wilde et Greenaway (1998, 2001) ont mesuré les taux de l'assimilation des nutriments par B. latro et ces données peuvent être applicables à la famille Coenobitidae en général. L'alimentation des Coenobita est constituée de glucides, lipides, hémicellulose, cellulose, lignine, chitine et matières sèches ...

     Birgus latro (le crabe des cocotiers) a un très haut pouvoir d'utilisation des graisses et de stockage des polysaccharides d'origine végétale et animale. En outre, il peut digérer des quantités significatives de fibres végétales telles que les hémicelluloses, cellulose et la lignine. L'assimilation des protéines d'origine végétale est de 65-70% et les Coenobitae peuvent digérer efficacement la chitine à partir des exosquelettes de crabe et de crustacés de toute sorte. Birgus latro et probablement les Coenobitida (Bernard l’hermite terrestre) ont manifestement la capacité de digérer un large éventail de produits alimentaires à partir de fibres végétales grâce à diverses protéines et la chitine, qui contribuent à expliquer leurs habitudes alimentaires communes. Cela précise également certains des aspects les plus bizarres de l'alimentation dans le groupe, tels que la consommation d’excréments.

     Pour les Coenobita, les matières fécales des vertébrés sont une source riche de nourriture car elles contiennent des fibres végétales non digérées,  des cellules de muqueuses, des protéines animales sous une forme non desquamée, des cellules intestinales, des enzymes et des déchets ... En outre, les produits d'origine microbienne de la digestion dans la partie inférieure du tube digestif des vertébrés passent couramment dans les selles de ceux-ci, et les microbes eux-mêmes, seront utilisés par Coenobita. Les fèces représentent une alimentation de qualité sensiblement supérieure que, par exemple, les détritus des plantes du littoral . À long terme, le fait de manger des selles peut entraîner le risque de devenir un hôte secondaire pour les parasites de vertébrés, mais le « moulin gastrique » des Coenobitae pourrait bien être une protection efficace contre de nombreux stades infectants.

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