Longévité et croissance

 

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Développement et longévité chez les Coenobita

 

 

   I- Les marques de l'âge.

  II- Les facteurs de  croissance des BHT.

  III- Longévité des Coenobita.

  IV- Sexe et âge.

       

 

  I- Les signes de l'âge

       Il est très difficile de déterminer l’âge exact des bernard l'hermite terrestres. Cependant, certains indices peuvent nous indiquer approximativement leur âge :

 

  • Par la dissection : 

          En réalité, la seule façon dont vous pouvez évaluer avec précision l'âge de votre BHT n’est envisageable que s’il meurt. Il faudra réaliser une dissection. Les sortes d'otolithes, concrétions de dépôts minéraux (carbonate de calcium CaCO3 ), situés au sommet de l'organe de l'équilibre du BHT (situé à la base de chaque antenne), doivent être enlevées. Les otolithes peut être sectionnées et le nombre d'anneaux de croissance comptés, un peu comme lorsque l'on compte les cercles d'un tronc d’un arbre (Sue Fox, 2000).

 

  •  Par l’observation de critères morphologiques :

          Ces critères ne peuvent être en aucun cas considérés comme preuve scientifique au sens propre du terme mais peuvent apporter une estimation.

 

  ♦  La taille du spécimen

        En général, les BHT les plus âgés sont plus grands que les petits. Lorsqu’il y a une importante différence de taille entre deux individus, on peut affirmer que le plus gros est le plus âgé.

        Selon des estimations  approximatives, les BHT (Coenobita Clypeatus) d'une taille de balle de golf auraient un peu moins de 10 ans, taille mandarine entre 10 et 20 ans, et les jumbos entre 20-30 ans ...  Pour les sujets de petites tailles, l’âge est plus difficile à estimer.

 

 ↑ Des Clypeatus de la taille de balle de baseball.

 

  ♦  Autres indices :

  Avec les sujets âgés, il y aurait d’après certaines observations :

    - augmentation du nombre de granulations sur le BHT et du nombre de petites dents sur le chélipède.

   

   - augmentation significative de l’épaisseur des antennes et de la longueur. Différences dans l'activité des antennes entre sujets âgés et jeunes.

 

    - différence dans la texture de l'exosquelette (plus épais  et compact, il devient mat et ressemble à celui des homards, pour l’anecdote les vieux BHT auraient une odeur particulière, je cite « odeur entre cuir et homard »! ).

    - différence dans la texture des setae (plus développé en grosses bosses sur l’exosquelette et moins souple que chez les jeunes).


     -  la couleur de l'exosquelette (souvent devient plus foncé avec l'âge) et son degré d'évolution (bien qu'elle dépende aussi de l'alimentation) peut aussi déterminante pour estimer l'âge chez certaines espèces (quelques exemples ci-dessous) :

  • Par exemple, les juvéniles Violascens sont rouges indiens contrairement aux adultes d'un violet profond pouvant tiré au noir :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Chez les Clypeatus les juvéniles n'ont pas souvent les couleurs marquées (beige avec juste la pince violette prononcée ) contrairement aux adultes d'un rouge-violet voire brun chocolat très marqué :

 

 

 

 

 

 

 

 

(en haut : Jeunes Clypeatus, en bas : Clypeatus âgés)

  • Les juvéniles Perlatus peuvent avoir des couleurs blanches sur l'exosquelette contrairement aux adultes avec une couleur rouge-orangée souvent homogène :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Les juvéniles Purpureus qui sont blanc crème et qui arborent un bleu-violet électrique à l'âge adulte :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   * Exemple de croissance de BHT pendant 21 ans (photos de Ormes) :

                                                             Avant : 

                                                      Après

 

 

 

 

 


          II-  Facteurs de croissance des Coenobita :

       Cependant, il faut nuancer tous les "signes  de l'âge" évoqués précédemment, car il entre en compte une multitude de facteurs dans la croissance (par la mue) des Coenobita. Elle dépend avant tout des ressources en présence (alimentations, coquilles) mais aussi des biotopes, espèces …

        Greenaway Peter, 2003 : « Très peu d'informations sont disponibles en ce qui concerne la mue de Coenobita. Coenobita clypeatus se cache durant le processus qui se produit surtout dans la coquille (de Wilde, 1973). Il y a une réduction notable de l'activité pendant plusieurs jours avant à la mue et après la mue, les exuvies sont positionnés juste en avant de l'ouverture de la coquille (AW Harvey, comm. pers.). Au cours de la calcification du squelette mou, les nouvelles pinces et autres pattes pour la marche sont moulées pour épouser la forme de la coquille. Si l’animal augmente sensiblement en taille, son corps ne correspond plus proprement à  l'intérieur de l’ancienne coquille et une rapide recherche d’une coquille plus grande est nécessaire pour éviter la perte d'eau et les prédateurs. Il n'existe aucune information disponible sur l'équilibre du calcium ou le stockage par l'intermédiaire de la mue ou sur incréments de croissance de Coenobita. Coenobita clypeatus grandit jusqu'à 500 g, si de gros coquillages sont disponibles. » (De Wilde, 1973).

 

  • Disponibilité de coquilles et impact de l'environnement

        Très important. La croissance n'est pas la même s'il n'y a pas de grosses coquilles et en nombre conséquent à disposition. Si un BHT se trouve dans un coquillage, qui est confortable mais avec aucune autre alternative, il ne mue pas aussi facilement que s’il a un vaste choix.

       Cela pourrait être la raison pour laquelle un nombre d'important de bernard l'hermite en captivité ne semblent pas croître beaucoup, une fois qu'ils atteignent un certain âge. S'ils pouvaient recevoir une alimentation appropriée, de l'exercice régulièrement et avoir une gamme de tailles et de types appropriés de coquillages, ils seraient plus enclins à se développer.  L’exercice semble également jouer un rôle prépondérant dans le développement de l'animal. Si les Bernard l'hermite terrestres doivent rester dans les mêmes coquillages pendant des années, ils vont connaître une croissance rabougrie, limitée par la taille ou les dimensions de leur coquillage. La croissance en captivité est en effet souvent différente de celle dans le biotope naturel.

 

  • Alimentation et croissance 

       L’alimentation est très importante dans le processus de la mue et donc de la croissance des BHT.

« Durant les mois d'été, les disponibilités alimentaires ont un effet majeur sur l’activité. Si un BHT ne satisfait pas les besoins physiologiques primordiaux pour éjecter l’exosquelette (tissu musculaire accru …), il ne rentrera pas dans le cycle de mue. En d'autres termes, s'il ne reçoit pas une alimentation adéquate, il ne va pas grandir. » (Oesterling, M. 2003).

       Des BHT qui mangent des aliments riches en calcium, en fibres, les aliments riches en nutriments dont leur corps a besoin, ont souvent un taux beaucoup plus élevé de mue (production de chitine), processus qui ralentit avec l'âge ou l'absence de grands coquillages.

 

  • Taille des espèces

       Les espèces n'ont pas les mêmes tailles et les mêmes développements, par exemple les C.rugosus, C.compressus restent relativement petits contrairement aux C.brevimanus, C.clypeatus , C.spinosus ... qui peuvent atteindre des tailles assez considérables.

 

  • Autres éléments qui peuvent fausse l'estimation de l'âge

       Quand il y a une mue de Coenobita, il y a souvent régénération des membres ou de parties du corps qui ont été perdus entre les mues. Souvent, le membre régénéré est  beaucoup plus petit après la mue des premières années, jusqu'à ce qu'il atteigne lentement la taille du membre perdu. C'est l'une des raisons pour lesquelles la taille des chélipèdes, des antennes et des pattes n'est pas toujours une véritable indication de l'âge d'un Coenobita. Des membres perdus qui ont repoussés apparaissent généralement plus petits.

 

       III-    Longévité des Coenobita

La longévité est assez importante (20-30 ans dans de bonnes conditions) et diffère quelque peu entre les espèces. Record dans les 40 ans pour le C.clypeatus. La vie en captivité peut réduire la longévité.

 

       IV-    Sexe et âge

          Contrairement aux humains, chez les BHT, ce sont les mâles qui vivent les plus longtemps ! D’après l’étude de l’institut de recherche de Floride :

           « Le sex-ratio de la population Coenobita à Curaçao semble varier avec l'âge chez les animaux de très petite taille (pesant moins de 10 grammes), il y a habituellement de 4 à 25 femmes à tous les hommes, dans les moyens BHT (20-50g) , il existe des variations considérables d'un peu plus d'une femme à tous les mâles, puis de trois mâles pour chaque femelle, et enfin dans les grands et très grands  spécimens (plus de 50 g), il y a plus de trois hommes pour des femmes. »

 

Sources écrites et certaines photos : The Crab Street Journal, Peter Greenaway 2003, Sue Fox 2000, Tony Coenobita, J.Wang, Institut de Recherche marine de Floride.

 

 

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